La chambre de Hopper
une sculpture de Bruce Krebs.

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Edward Hopper a peint un tableau tout à fait surprenant : Une femme nue regarde par la fenêtre de son séjour. Cette femme observe avec attention quelque chose que nous ne voyons pas. Elle est nue à sa fenêtre, mais elle ne s’exhibe pas. On distingue par cette fenêtre d’autres bâtiments. Il pourrait s’agir d’une cour entre des buildings. Peut-être est-elle à New-York ou à Chicago ?


La peinture sous le croquis...

Hopper a étudié son attitude avec précision : Elle est assise. Ses coudes sont bien calés sur ses genoux. Ses cheveux enveloppent son visage comme des oeillères. Une certaine lassitude émane du personnage. Hopper a nommé sa peinture : « Eleven A.M. » (onze heures du matin). Que peut bien faire cette femme nue à cette heure matinale ? Le titre renforce cette impression de déphasage. (L’œuvre d’Hopper présente de nombreux personnages en attente d’un hypothétique événement qui ne vient jamais…)


J’ai repris l’attitude de cette femme devant sa fenêtre. Elle a un corps lourd. Elle n’est plus toute jeune. Son fauteuil de cuir n’est pas placé face à la fenêtre. La fenêtre est très haute. Elle s’est donc tournée pour voir ce qui s’est passé dehors. Peut-être a-t-elle entendu un bruit inhabituel qui l’a distraite ? Peut-être rêve-t-elle les yeux ouverts ?


Photo d'atelier: J'ai réalisé une maquette de la fenêtre en polystyrene.
La femme se tient trop droite.


Pendant que je construisais cette sculpture, l’idée s’est développée. J’ai alors imaginé représenter l’immeuble d’en face. Mais pas comme une façade d’architecture, plutôt comme une suite d’ouvertures en fausse perspective théâtrale… Et, pour bien faire comprendre qu’il ne s’agit pas de fenêtres, j’ai taillé les baies comme des regards : Tous les panneaux de chaque fenêtre sont axés vers cette femme ! En faisceau. Puis, pour évoquer son isolement en hauteur, j’ai pensé détacher le plancher du sol de l’immeuble.

L’idée est là. Le reste n’est que proportion, équilibre, déséquilibre, plus bas, plus haut, plus épais, plus fin…

Photos d'atelier: Cette grosse fenêtre était très laide...
J'ai réduit le mur à son encadrement pour obtenir une image plus légère.



Vous pouvez arrêter l'animation circulaire avec votre souris et choisir votre point de vue.

 



La femme à sa fenêtre

vue d'ensemble

vue d'ensemble


Longueur : 49 cm, Hauteur : 50,9 cm, Largeur : 20 cm.

Si le thème de la fenêtre fut souvent traité en peinture (je pense à Francisco Goya, Edouard Manet et, bien sûr, Gustave Caillebotte) elle est quasi-inexistante en sculpture…

Les représentations d’une femme nue dans un fauteuil sont peu nombreuses. Un bronze a été réalisée par Jules Dalou «Femme nue lisant dans un fauteuil» mais sans fenêtre… Edgar Degas a créé une «Femme assise dans un fauteuil essuyant son aisselle gauche». C'est un bronze en cire perdue très amusant. Avec « l’objet invisible », Alberto Giacometti a représenté une femme nue, très raide, assise sur un fauteuil (mi-chaise, mi-fauteuil)…


"Femme nue lisant dans un fauteuil" de Jules Dalou

"L'objet invisible" d'Alberto Giacometti

"Femme assise dans un fauteuil essuyant son aisselle gauche" d'Edgar Degas


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vue dans l'axe du mur



 
Bruce Krebs, sculpteur
9 ter rue Amelot, 17 000 La Rochelle,
Charente Maritime, Poitou-Charentes, France, Europe.
Pour m'envoyer un E-mail:atelier.bruce.krebs@wanadoo.fr