Bruce Krebs présente et commente la création de l'une de ses sculptures intitulée :

L'atelier de Gustave Courbet
une sculpture de Bruce Krebs.




Un matin, je me suis réveillé avec une idée de boîte qui s'ouvre en trois morceaux. Gustave Courbet est au milieu, devant son chevalet. J'ai tout de suite fait un petit croquis. Et j'ai écrit le mot "triptyque": l'idée de base de la sculpture.



Heureusement, entre ce projet et le bronze terminé, il y aura de grandes différences. Les découpes des trois parties sont déjà présentes. A droite, j'ai dessiné une fenêtre. Je me suis souvenu qu'il y en avait une dans le tableau de Gustave Courbet du Musée d'Orsay.
( Ce tableau, je l'avais revu le mois précédent à l'exposition Courbet au Grand Palais à Paris)


J'ai dessiné aussi deux petites poignées, sans doute pour fermer la boîte... (J'imaginais peut-être que cette sculpture ne s'ouvrirait que dans les grandes occasions comme un retable...)


(Voici mon premier croquis "à la main qui lève".)




Aussitôt, pour me faire une idée de l'ampleur de mon projet, j'ai fait une maquette en carton. J'ai évalué la taille idéale. J'ai aussi estimé le poids de la pièce, une fois celle-ci coulée en bronze ( j'essaye toujours de faire des bronzes que je peux transporter moi-même...)


Cette boîte était trop massive. Je l'ai donc percée de trous. J'ai imaginé sur la face avant, "les baigneuses" de Courbet qui nous tournent le dos.

 


L'idée d'associer plusieurs tableaux, m'amusait. J'ai dessiné des arbres de l'autre coté. J'ai agrandi le plateau central, toujours arrondi comme un proscenium. J'ai aussi abandonné l'idée de mettre des poignés de chaque coté de la sculpture.



Sa réalisation s'est étalée sur un peu plus d'un an. Je n'ai pas travaillé tous les jours sur ce plâtre. Les idées se sont ajoutées les unes aux autres. Mon grand soucis était d'habiller le toit et l'arrière de la pièce: Quitter l'esprit "boîte". J'ai joué avec les échelles, avec les textures.
J'ai créé un grand personnage surplombant la scène. La copie "agrandie" du personnage, celui qui se trouve derrière le peintre. Mais cette fois-ci en grand format. Son geste est doux et attentif. Ce modèle semble présenter la sculpture.

Mais ce n'était pas suffisant. Aussi j'ai imaginé reproduire le Courbet-randonneur, inspiré du tableau "Bonjour Monsieur Courbet". (visible au Musée Fabre à Montpellier) Ce personnage est d'une taille intermédiaire. De l'autre coté, "les cribleuses" (inspirées du magnifique tableau du Musée des Beaux-arts de Nantes). Inversement, ces cribleuses sont les plus petits personnages de la sculpture.



Dans un si petit espace, je ne pouvais pas reproduire tous les personnages de "l'atelier de Courbet". J'ai donc fait des choix.

  • Baudelaire assis sur une petite table, à droite.
  • Le couple de grands bourgeois.
  • Les amoureux: L'homme tient la femme par la taille. Celle-ci semble ravie du bracelet qu'il lui a offert...
  • Le violoniste, chafouin, dans une position étrange, le violon sous le bras sans précaution...

Sur la partie centrale j'ai reproduit les trois amis (légèrement plus petit par esprit de perspective). Le modèle vivant et sa robe extraordinairement riche. (Plus riche que la robe de la grande bourgeoise). Courbet en train de peindre. Et derrière le chevalet, légèrement cachée, l'Irlandaise qui donne le sein à son bébé.


A gauche enfin:

  • Les marchands. Le premier propose une peau de bête à un commerçant sous l'oeil étonné d'un Indien. (Cet Indien, représenté accroupi dans le tableau de Courbet, je l'ai mis debout pour "casser" l'horizontalité car tous les autres personnages sont assis, à genoux ou couchés - je l'ai d'ailleurs rajouté au tout dernier moment; la veille du jour où j'ai porté la pièce au fondeur d'art...)
  • Derrière la porte, le braconnier est assis avec ses deux chiens.
  • Sous les arbres, j'ai placé un couple faisant la sieste. Il s'agit d'un dessin de Courbet "Sieste champêtre" une esquisse du "portrait de l'artiste dit L'homme blessé". Ce dessin exprime un vrai bonheur. (C'est Courbet lui-même qui s'est représenté).




Que faire des autres faces?
Sur l'une, le couple d'amoureux apparaît à la fenêtre.

De l'autre coté, une porte est entrouverte. Un homme semble s'en aller sans la fermer. Il a un pied dans le vide. Pour cette situation, je ne suis pas parti d'un tableau, mais bien de la vie du peintre. J'ai imaginé cette porte comme "une sortie de l'atelier". Après la Commune de Paris, Courbet fut accusé à tort d'avoir fait abattre la colonne Vendôme. Condamné à rembourser sur ses fonds propres la colonne, il s'exila précipitamment en Suisse. Je l'ai donc représenté avec un béret sur la tête comme celui qu'il porte dans cet autoportrait réalisé dans la prison Sainte-Pélagie. Il porte un maigre carton à dessins sous le bras, vestige du passé.


Quant à la face arrière, elle m'a posé de grands problèmes. J'ai pensé reproduire "l'enterrement d'Ornans" exposé devant une quantité de collectionneurs d'art scandalisés. - Ce fut un scandale mémorable. Finalement, j'ai opté pour une solution plus sobre: la robe brodée glisse doucement le long du corps du modèle vivant...



Vous pouvez ouvrir la sculpture en passant votre souris dessus...





Plâtre en position fermée,
La statue mesure:
Hauteur: 38 cm, Longueur: 36 cm, Largeur: 35 cm.



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Bruce Krebs, sculpteur
9 ter rue Amelot, 17 000 La Rochelle,
Charente Maritime, Poitou-Charentes, France, Europe.
Pour m'envoyer un E-mail:atelier.bruce.krebs@wanadoo.fr
 

(pièce ouverte, vue de dos)